UNE
INTERVIEW EXPRESS
Plus de
12 ans après "D'épreuves d'amour", voici "le
cœur allant vers" : pourquoi une telle attente ?
Tellement d’autres projets en cours, discographiques ou scéniques…
et puis la vie de tous les jours aussi avec tout ce que cela comporte
; comme la perte de mon père en 1996, puis le souci de m’occuper
de ma mère atteinte d’un Parkinson sévère
jusqu’à sa disparition en 2000. Et puis les enfants,
la famille qui ont besoin aussi d’un peu d’attention tout
de même… et le projet de bouger (avec le studio) dans
le sud, etc. et le temps passe…
En quoi
ces deux albums sont-ils différents, selon toi ?
Je trouve celui-ci beaucoup plus serein et plus personnel. J’avais
un peu dévié de mon projet initial pour "D’épreuves
d’amour", il y a tellement de choses que j’avais
envie de chanter qu’il a été difficile de faire
le choix.
Récemment,
tu me disais à propos de ce disque que c'était "ton
disque à toi". Peux-tu nous expliquer ce que cela signifie
?
Cette fois j’ai fait exactement ce que je voulais, même
si le choix de certains morceaux a pu paraître curieux au début
aux yeux, ou plutôt aux oreilles, des gens de mon entourage.
J’avais une vision très claire de la façon dont
tout cet ensemble allait être lié et j’ai suivi
mon programme. Je ne voulais pas être "dirigée"
par une tierce personne. En gros je voulais qu’on me laisse
le champ (le chant) totalement libre. Cela m’a pris du temps
car je travaillais quand le studio était libre ; il y a eu
aussi un épisode raté ou les premiers arrangements de
deux morceaux ne me convenaient pas. Il a fallu tout reconsidérer,
trouver le budget pour recommencer, mais je savais où je voulais
en venir. Et je trouve que ce disque permet de découvrir une
autre Stella que celle qui chante avec Magma et qui est aussi complètement
moi.
Sur ce disque,
tu t'es entourée de musiciens dont on devine qu'ils sont aussi
des amis pour la plupart. C'est important dans une démarche
artistique ?
J’ai n’ai pas choisi les musiciens seulement parce que
c’était des amis (il y en a que je ne connaissais pas).
Nous avons choisi d’un commun accord avec Jean-Pierre Fouquey,
l’équipe qui a interprété les morceaux
qu’il a arrangés. Pour le reste des morceaux, j’ai
choisi en fonction de leur capacité d’adaptation aux
morceaux que je proposais, parce que j’imaginais, et je ne crois
pas m’être trompée, qu'untel était "le
meilleur" pour interpréter ceci ou cela. Je suis très
gâtée ! 19 musiciens sur un projet de nos jours, c’est
du luxe ! Je remercie l’Adami pour son aide, cela n’aurait
pas pu être possible sans la subvention que l’on m’a
accordée. Et je remercie aussi les musiciens qui ont tous accepté
des cachets modestes… ou même proposé leur participation
amicale, comme Didier Lockwood.
Dans
ce disque, Christian Vander occupe une place moins prépondérante
que pour "D'épreuves d'amour". Est-ce qu'il a été
associé aux choix que tu as faits et que pense-t-il du résultat
?
Non, il n’a pas été associé aux choix.
Il devait y avoir un morceau signé par lui, que j’avais
vraiment envie d’enregistrer mais cela n’a pas pu se faire.
Il ne faut pas oublier que, parallèlement nous enregistrions
"K.A." Nous
n’avons pas eu le temps de réaliser son morceau. Il m’a
dit plusieurs fois : "Vas-y,
fais ce que tu as à faire" et je crois qu’il
est très content du résultat... mais le mieux serait
de lui demander directement…
Tu
as puisé ton répertoire dans des sources variées
(Fauré, Lennon-Mac Cartney, Burt Bacharach, Moustaki, sans
oublier les proches comme Pierre-Michel Sivadier ou Lydia Domancich)
: comme le titre de l'album le suggère, ce sont des choix du
cœur ?
Exactement ! J’avais envie de chanter ces chansons, tout simplement.
Pour les reprises, je pensais être capable d’en faire
des versions personnelles et "honorables".
Tu
mets l'accent sur tes "40 ans de carrière" : veux-tu
nous dire par là que tout ce que tu as fait depuis le début
fait partie d'un tout qui s'appelle aujourd'hui Stella ?
40 ans de carrière à mon age ce n’est tout de
même pas mal ! Cela méritait bien de faire un effort
de création ! Et finalement, même si à une
époque, j’ai totalement occulté la période
de mes débuts, qui me semblait correspondre uniquement à
mon jeune âge, avec le recul je me rends compte que ce n’était
vraiment pas très "formaté" pour l’époque,
que cela était un peu à part, et je me reconnais bien
là !
Ce disque sera-t-il accompagné
de concerts au moment de sa sortie ?
Réunir 19 musiciens paraît difficile. Et je n’ai
pas envie de remplacer tous ces beaux sons d’instruments acoustiques
par des synthés. Alors je ne fait pas de projet ; si j’ai
la chance que cet album fonctionne un peu et que j’ai les moyens
de faire un spectacle dans de bonnes conditions, alors oui, il y aura
des concerts.
Interview
réalisée par le jeudi 27 mai 2004.